27 mai 2015

Le bureau de la Mission Ganesh Himal s’est réuni mercredi 27 mai pour prendre une décision quand aux départs de cet été pour le Népal.

Actuellement, la situation dans les villages où nous devions partir est la suivante :

  • La deuxième secousse a fini d’endommager les infrastructures encore debout, et de déstabiliser un peu plus le terrain (les villages étant déjà détruits de 70 à 100%). Les conditions d’accès sont dangereuses, mais les terrains autour des villages concernés sont stabilisés.

  • Nous ne pourrions pas acheminer le matériel avec des mules comme prévu initialement, car les chemins ne sont plus praticables et qu’aucun muletier ne prendra le risque d’y engager ses animaux. Une solution alternative serait de le faire avec un hélicoptère dont le coût est de 2500$/heure de vol. En utilisant le peu de transport qu’il reste nous prendrions la place de professionnels plus aptes à répondre aux besoins des habitants sinistrés en situation d’urgence.

  • Nous pourrions apporter de l’aide aux Népalais grâce à la prévention contre la contamination de l’eau, les infections, et les règles d’hygiène minimales. Concernant l’enseignement de l’anglais, nous ne pourrions pas donner les cours puisque des écoles ont été détruites, tout au plus mettre des animations et jeux avec les enfants en place. La mission menée par les étudiants en médecines est quand à elle compromise par le grand nombre d’abandons.

  • Actuellement, les Népalais ont besoin d’une aide financière. Cette dernière afflue, cependant l’organisation reste complexe sur le terrain et nous n’avons aucun moyen de savoir si la Ruby Valley (qui est bien moins médiatisée que d’autres régions) est elle-même aidée. Beaucoup d’autres ONG se sont mobilisées, mais le gouvernement népalais a du mal à canaliser ce flux d’aides et à optimiser ce dernier et peut s’avérer être une barrière notre l’intervention.

  • Le Ganesh Himal Tourism Development Committee (l’ONG locale avec laquelle nous travaillons) se charge d’apporter des vivres et du matériel dans les villages isolés, ces tâches sont effectuées par des personnes habilitées, qui ont l’expérience de la montagne et connaissent très bien la région. En effet, les chemins ont été modifiés et les passages les plus empruntés se trouvent désormais dans des zones très abruptes.

En faisant un tel bilan nous nous sommes demandés quelle était l’utilité de notre présence sur place et quels étaient les risques encourus ? Serions-nous capables de mener à bien notre projet dans de telles conditions, bien qu’il prenne toute son importance maintenant ?

Nous n’abandonnons clairement pas notre mission et le travail que nous avons durement fourni tout au long de cette année. Ce projet était complexe à mettre en place mais il nous tenait à cœur de le réaliser correctement en apportant une aide utile, réfléchie et la plus durable possible.

Mais compte tenu des évènements nous avons décidé de ne pas partir cet été.

Les perspectives :

Étant donné que le pays a besoin d’aide actuellement, nous allons lancer des recherches de nouveaux projets, répondant aux premières urgences, et éventuellement y allouer une partie de notre budget.

D’autre part, nous avons deux autres possibilités de départ pour conduire notre mission sur place : soit durant la période de Noël prochain (car c’est la saison sèche et la période durant laquelle nous pourrions être le plus efficace dans nos travaux) soit en août 2016. L’argent que nous avons récolté serait alors investi comme prévu initialement.

Nous sommes tous très affectés par cette décision mais restons déterminés à faire vivre la Mission Ganesh Himal !

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dim, 29/10/2017 - 15:04